[fse-esf] Post-altermondialisme et socialisme du XXIèsiècle : une initiative de l’association Mémoire des luttes et de la revue Utopie critique

Christophe Ventura christophe.ventura at gmail.com
Mon Sep 17 17:28:42 CEST 2007


 ENGLISH SOON / ESPANOL PRONTO


Vers un Manifeste
pour un socialisme du XXIè siècle


PRESENTATION

Dans un communiqué du mois de juin dernier, au lendemain des élections
législatives, l'association Mémoire des luttes * et la revue
trimestrielle Utopie critique ** annonçaient leur intention de servir
de cadre «  facilitateur » pour  l'élaboration d'un socle idéologique,
un Manifeste, en termes de principes, de valeurs et d'orientations
pour une alternative globale à opposer au projet capitaliste
néolibéral, tout comme  à ses variantes social-libérales. Cela dans la
perspective de construction ultérieure d'un projet proprement
politique, mis en œuvre par un pouvoir démocratique et social prenant
en compte les dimensions nationale, européenne et internationale. Un
projet de socialisme du XXIè siècle renouvelant l'espoir d'une société
plus juste pour laquelle, pendant des générations, les classes
populaires ont lutté, qu'elles espèrent toujours et pour laquelle
elles  continuent à donner du sens à leur vie.

Ce Manifeste pourra constituer le soubassement des futures politiques
publiques qu'exigent impérativement les fractures de tous ordres et
l'extension des conflits et que connaît le monde, et dont
l'accélération du dérèglement climatique et les ravages de la finance
constituent autant de symptômes perceptibles par tous les citoyens.
Sans parler des risques d'embrasement au Proche-Orient, voire de la
planète, que fait courir une  administration Bush aux abois, et qui,
après le départ sans gloire de Tony Blair,  s'est trouvée un nouveau
comparse européen en la personne de Nicolas Sarkozy.

Déconnectée des échéances électorales immédiates, l'initiative de
Mémoire des luttes et d'Utopie critique s'inscrit dans le moyen terme.
Elle prend acte de l'échec aussi bien politique et idéologique
qu'électoral des forces anti-libérales qui avaient pourtant joué un
rôle déterminant dans la victoire du 29 mai 2005.

Comptant parmi ses promoteurs des militants du mouvement
altermondialiste, elle veut oeuvrer à son approfondissement et à son
dépassement. L'altermondialisme conserve toute sa raison d'être comme
espace de « conscientisation » et d'éducation populaire, et pour sa
contribution aux mobilisations. Paradoxalement, son hétérogénéité
constitue toujours un atout en permettant d'agglutiner de nombreuses
forces et traditions politiques et sociales sur la base d'un
dénominateur commun - la critique du système dominant – et en
favorisant l'élaboration de multiples propositions alternatives aux
politiques néolibérales.

Cependant, cette hétérogénéité exclut de sa part toute possibilité de
développer une vision stratégique dynamique, cohérente et partagée,
intégrant la conquête du pouvoir comme horizon de son action. Elle a
même empêché tout consensus, lors des Forums sociaux mondiaux, pour la
simple reprise, sous forme de socle commun, d'une série de
propositions issues de certaines de ses composantes, mais qui,
réunies, faisaient sens et projet. La mouvance altermondialiste est
donc encore moins en mesure de se déterminer par rapport aux processus
de transformation économique et sociale en profondeur - non pas rêvés,
mais réellement existants - tels qu'ils sont engagés, entre autres,
par des mouvements populaires comme le Mouvement des sans terre ( MST)
au Brésil ou les mouvements paysans en Inde, et par des gouvernements
isus de la dynamique sociale en Bolivie, en Equateur  ou au Venezuela.
D'où la nécessité d'entrer dans un post-altermondialisme de combat
pour dégager les perspectives d'un socialisme du XXIè siècle.

Internationalisme fondé sur la conquête, par les peuples, de leur
souveraineté (que certains voudraient disqualifier en la taxant de «
populisme ») ; réaffirmation des exigences de l'idée républicaine :
refus du communautarisme, et donc primat de la citoyenneté, de la
laïcité, de l'égalité et de la solidarité; appropriation collective
(entre autres par des nationalisations) des secteurs à définir comme
des biens publics afin de les soustraire à la prédation des
multinationales et des intérêts financiers ;  remise en cause du
libre-échangisme financier et commercial (par des mesures draconiennes
de contrôle, de régulation et de protection) ; redistribution des
richesses ;  démocratie à tous les niveaux (dont celui de
l'entreprise) ; refus de la fausse opposition entre épanouissement des
individus et intérêts collectifs ; égalité  hommes/femmes ;
développement culturel ;  prise en compte prioritaire de l'urgence
écologique et encadrement citoyen de la technoscience : tels sont
quelques-uns des repères de notre travail. Il s'agira donc de mettre à
bas les fondements mêmes de la mondialisation néolibérale et de sa
variante continentale qu'incarne le projet mis en œuvre par l'Union
européenne.

PROGRAMME DE TRAVAIL

Notre initiative n'est évidemment pas la seule du genre, et nous
entendons bien la nourrir de celles – thématiques ou généralistes -
qui, en France et à l'étranger, procèdent d'une même inspiration. De
même qu'elle prendra en compte le maximum de travaux déjà publiés.
C'est pourquoi elle se développera en  quatre  temps pouvant en partie
se chevaucher.

Premier temps : observation et  synthèses
De septembre 2007 à mai 2008, des membres de l'équipe d'animation et
des militantes et militants qui les rejoindront participeront à des
colloques et rencontres organisés par d'autres structures (notamment
sur les questions écologiques) pour en tirer les conclusions
pertinentes. Par ailleurs, les mêmes (ou d'autres) élaboreront des
synthèses des principaux travaux existants sur les thèmes jugés
centraux pour la réussite de cette initiative.

Tous ces travaux  préparatoires seront publiés sur les sites de
Mémoire des luttes et d'Utopie critique, dans les colonnes de cette
dernière publication (ou d'autres), éventuellement sous forme de «
Notes » sur support papier largement diffusées, voire sous forme de
petits ouvrages..

Deuxième temps : deux colloques internationaux
Dans cette séquence se déroulant au premier trimestre 2008 ( mais qui
ne mettra pas un terme à la première),  Mémoire des luttes et Utopie
critique passeront du statut d'observateurs à celui d'organisateurs de
débats.
A cette fin, seront organisés deux colloques internationaux :
-       le premier, le samedi 26 janvier 2008, explorera les notions de
post-altermondialisme  et de socialisme du XXIème siècle dans les
lignes de fracture de la géopolitique mondiale. Il constituera une
contribution à la Journée mondiale de luttes décidée par le Conseil
international du Forum social mondial.
-       Le second, vraisemblablement le samedi 23 mars (à la veille de
l'anniversaire de la signature du traité de Rome), portera sur la
construction européenne. Il se situera dans une période de
ratification parlementaire du futur traité modificatif de l'Union
européenne (en fait, le défunt TCE sous un habillage différent).
Il s'agira d'analyser les marges de manœuvre que laisse (ou non) l'UE
pour des politiques alternatives et la compatibilité entre ses
structures et la souveraineté populaire, puis d'en tirer sans tabou
les conséquences.
Les synthèses des travaux de ces séminaires seront publiées dans les
mêmes conditions que pour celles du premier temps.

Troisième temps : des confrontations de contributions originales
Au début 2008, il sera demandé à des chercheurs, universitaires ou
syndicalistes (notamment des historiens, économistes, politistes,
sociologues) d'élaborer des analyses contribuant à l'élaboration du
Manifeste dans leur champ de compétence. Leur cahier des charges
prévoira impérativement la prise en compte du corpus déjà constitué ou
en voie de constitution, notamment sur les questions écologiques,
scientifiques, européennes et internationales.
Des séminaires de travail permettront de confronter ces analyses qui
seront également publiées.
A la fin juin 2008, une journée d'études permettra de faire le point
sur le travail accompli.

Quatrième temps : élaboration du Manifeste
Il est trop tôt pour définir les modalités de cette phase finale. Elle
devrait déboucher au premier semestre 2009.


Paris, le 11 septembre 2007.


Contact : memoirecritique at gmail.com


Pour Mémoire des luttes : Mireille Azzoug, Bernard Cassen, Ramon Chao,
Ignacio Ramonet et Christophe Ventura.

Pour Utopie critique : Tony Andréani , Henri Benoits, Robert Charvin,
Florence Gauthier, Gilbert Marquis, Michel Naudy et  Danielle Riva.


* Mémoire des luttes est une association créée à l'initiative de
Gunter Hozmann le 7 janvier 2000, et dont la mission est précisée dans
le préambule des statuts : « Gunter Holzmann, engagé depuis toujours
dans des luttes pour un monde plus libre, plus juste, plus égalitaire,
plus fraternel et solidaire, entend agir, au-delà de lui-même, pour
contribuer ces combats et maintenir vivante leur mémoire. A cette fin,
il souhaite que soit créée une institution à but non lucratif à
laquelle, pour la rendre pérenne, il fait un apport financier ».
Gunter Holzmann, qui avait déjà fait un apport financier à l'équipe du
Monde diplomatique pour garantir l'indépendance du journal, nous a
quittés le 6 janvier 2001 à l'âge de 89 ans.
Contact : christophe.ventura at gmail.com ; 06-76-05-23-31

** Utopie critique est une revue trimestrielle créée quelques années
après l'effondrement de l'Union soviétique et de son Etat
bureaucratique par une petite équipe de militants issus à la fois du
mouvement social et des courants communistes et trotskistes, associés
à des intellectuels, qui se reconnaissaient, en commun, critiques de
la réalité sociale et politique. Partisans d'une "République autogérée
", surtitre de la revue, ils se donnent la tâche de populariser cette
perspective en participant au combat de chaque jour, et de comprendre
les différentes expériences révolutionnaires anti-capitalistes, leurs
acquis, leurs échecs et les leçons à en tirer.
Contact : marquisgilbert at wanadoo.fr ; 01-43-70-49-67


More information about the FSE-ESF mailing list