[fse-esf] Contribution to the debate on the future of ESF (french)

Simó Endre drsimoendre at freemail.hu
Mon Oct 30 12:03:27 CET 2006


               A propos du Forum Social Européeen et son futur


   Le Groupe de Travail de Coordination du Forum Social Hongrois 
considčre importante l’expérience de quatre ans de vie du Forum Social 
Européen dans la lutte pour la paix, les droits de l’homme et les droits 
sociaux. Le FSE a contribué a la réunification des forces démocratiques 
et de progres social dans la résistence contre le néolibéralisme, la 
domination internationale du capital, l’exploitation de l’homme et de la 
nature, contre toute forme d’impérialisme, pour une nouvelle société 
mondiale centrée sur l’ętre humain, fondée sur la paix, la solidarité et la 
coopération entre les peuples, c’est a dire pour les objectifs définis 
dans la Charte des Principes de Porto Alegre. Dans les pays de l’Est le 
processus du FSE a contribué a la récomposition des forces 
progressistes apres la chute du socialisme accompagnée par la perte 
d’acquis sociaux fondamentaux, parmis eux la pleine occupation. Les 
résultats les plus importants sur le plan du dialogue et de la 
coopéaration sociale ont été obtenus en Hongrie, en Pologne, en 
Roumanie et en Russie. La coopération au sein des forums nationaux 
dans certains pays de l’Est a surtout aidé le renforcement de la 
gauche, dans d’autres il a aussi contribué á la rencontre de forces 
sociales et syndicales de souches idéologiques différentes, parfois – 
c’est le cas de la Hongrie – á la participation de groupes politiques en 
opposition á la politique néolibérale et de guerre de leurs propres 
partis au gouvernement ou en opposition. Néanmoins le processus du 
FSE, lui seul n’a pas résulté suffisant á développer un vrai mouvement 
de masses capable de changer les rapports sociaux existants. Bienque 
les raisons de telle situation soient multiples (faiblesse de l’autogestion 
et de l’autoorganisation, grands problemes financiers, divisions 
internes, etc.), sa cause principale – á mon avis – est a rechercher en 
le rocade de forces de gauche sur des positions néostalieniennes, 
incapables de mener un vrai travail d’organisation des masses sur des 
bases nouvelles, démocratiques, modernes, attrayentes. Au cours des 
quatre ans du processus du FSE j’ai pu constater, que le probleme 
n’était pas une exclusivité de l’Est, bienque les traditions sectaires 
soient particulierement fortes dans les pays ex socialistes, en premier 
lieu en Russie. Le probleme est commun dans l’ensemble de notre 
mouvement, donc il faut en parler, pour sortir de l’impasse.


Quoi faire?

   Il devient de plus en plus incontournable d’ indiquer ce que nous 
voulons, ce que proposons comme alternative sociale. On ne peux plus 
continuer par la simple voie du refus et de la négation. Un mouvement 
populaire, digne de ce nom, doit definir son propre projet social, 
autrement il perdra l’interet des gens á long terme. Le „mouvement 
pour le mouvement” est insoutenable, car il manque de projet de 
transformation sociale. En partant de l’expérience historique de 
l’ecroulement du socialisme dans les pays de l’Est, nous proposons 
donc de transformer la réalité capitaliste néolibérale d’apres les 
contenus suivants: Nous voulons construire une société fondée sur des 
formes de propriété pluralistes: coopérative, individuelle, d’État, mixte. 
La société que nous proposons devrait s’orienter vers la meilleure 
satisfaction possible des besoins individuels et collectifs. La leçon  
historique de l’écroulement du socialisme réel dans nos pays de l’Est 
nous enseigne que la nationalisation et l’étatisation effrénées des 
moyens de production, le totalitarisme d’État, conduisent á de grandes 
distorsions matérielles et humaines. Il faut éviter de répéter les erreurs 
et les tragédies dérivant de la contradiction fondamentale du modele 
de socialisme que nous avons connu: la contradiction de la production 
sociale et de l’expropriation par l’État (patron de tous les moyens de 
production). Nous indiquons donc l’objectif d’une véritable démocratie 
économique, y inclus la production. Au lieu du centralisme démocratique 
du parti unique nous voulons le respect de la pluralité des intéręts 
sociaux, le contrôle démocratique de l’économie et de la superstructure 
socio-politique, par la combinaison de la démocratie représentative et 
participative. Pour que le travailleur sente le sien ce qui est le sien. 
Nous considérons que l’essence męme de la nouvelle société 
communautaire doit ętre la démocratie et la liberté, les seules 
permettant de libérer toutes les énergies créatives. L’alternative que 
nous proposons est la synthčse de l’efficacité économique et de la 
justice sociale. Il faut sauvegarder du socialisme ce qui était ses vraies 
valeurs, sa vertu réelle: les garanties du droit au travail, á l’existence, 
ŕ la sécurité sociale. Il faut en męme temps rejeter la nostalgie de la 
dictature exercée au nom du prolétariat, nostalgie dont sont porteuses 
les tendances néostaliniennes et ultraradicales. C’est dans cette 
perspective que nous nous engageons dans la lutte de transformation 
de l’Europe néolibérale en l’Europe Sociale des Peuples.


La question de la guerre et du terrorisme

    Nous sommes en présence d’une situation ambigue dans notre 
mouvement concernant le probleme de la guerre et du terrorisme. Nous 
rejetons tous, ou presque tous les guerres, mais il-y-a des gens et 
d’organisations entre nous, qui acceptent et justifient les méthodes 
terroristes. Méthodes que nous refusons de la maniere la plus résolue. 
Il est devenu impératif de clarifier cette situation, non pas pour des 
motifs théoriques, mais pour des raisons tres pragmatiques concernant 
le futur de notre coopération. Il s’agit en effet d’une ligne divisoire 
fondamentale entre nous. Lors de l’Assemblée Européenne de Paris du 
19 decembre 2004, et puis au 4-me FSE d’Athenes en mai 2006, nous 
avons présenté notre position sur la question, qui est la 
suivante: „Nous sommes opposés ŕ la guerre et au terrorisme au 
meme temps, car ils sont deux faces de la męme pičce de monnaie. 
L’une et l’autre antihumaines, contre la vie, contre le progrčs social, 
contre la coexistence et la coopération pacifique des peuples, au 
service des intéręts liés á l’exploitation, á la domination, á l’oppression. 
Le contraire des principes humanistes, qui nous dirigent. Nous 
repoussons toute tentative de justifier la guerre par le terrorisme, et le 
terrorisme par la guerre. Accepter la philosophie politique d’une telle 
justification conduirait l’Humanité á la barbarie. Il nous paraît évident, 
qu’en cédant á une telle logique, on se prive de la légitimité de montrer 
des alternatives de justice sociale, et l’on tombe dans le pičge des 
forces fondamentalistes et ultralibérales d’Occident et d’Orient. La lutte 
des peuples pour leur indépendance, leur autodétermination et leur 
liberté n’est pas du terrorisme. La résistance du peuple irakien contre 
l’occupation étrangčre, la lutte du peuple palestinien et d’autres 
peuples pour leur autodétermination et leur autonomie ne relčvent pas 
du terrorisme. Nous considérons comme terrorisme les massacres 
d’innocents, tels ceux   entre autres – du 11 septembre á New York, du 
11 mars á Madrid,du 1er septembre á Baslan avec la prise en otage 
d’enfants, les attaques-suicides contre la population civile. Les actes de 
terrorisme ne peuvent justifier l’occupation de l’Iraq et l’oppression de 
la Palestine, mais offrent de bons prétextes aux forces néolibérales 
pour justifier leurs guerres. Si nous voulons rester fidčles á l’esprit de 
Porto Alegre, nous devons défendre la paix, les valeurs humaines et 
refuser ensemble la guerre et le terrorisme.”

Alliances pour la réalisation des buts sociaux

   Une nouvelle société juste, égalitaire, efficace et démocratique ne 
peut se construire que par la participation des ouvriers de l’industrie et 
de l’agriculture, du monde du travail et de la création. Toute tentation 
et inclination de déclancher la „révolution sociale” sans eux, ou á leur 
place, est condamnée á l’échec, contraire á la logique de la démocratie 
et des intéręts communs, conduisant inévitablement á la négation des 
droits de liberté. L’expérience que nous avons acquise en Hongrie et 
dans les autres pays ex-socialistes, nous dit que l’unité de la gauche 
est indispensable, mais pas suffisante a réaliser nos buts de 
transformation sociale. En effet, si nous nous étions opposés á la 
participation des masses d’orientation politique différente de la nôtre 
pendant la campagne contre la guerre en Iraq en février 2003, nous 
serions restés isolés et l’on n’aurait pas obtenu en 2004, le retrait du 
contingent militaire hongrois de l’Iraq. C’est pourquoi nous n’acceptons 
pas la position des ultraradicaux niant la nécessité d’actions unitaires 
échappant á leur contrôle. Nous n’aurions remporté l’important succčs 
politique et moral lors du référendum du 5 décembre 2004 contre la 
privatisation des hôpitaux hongrois, sans l’unité d’action embrassant 
des tendances politiques et sociales distinctes autour de notre 
initiative référendaire. ( A cause de notre position d’entente, nous 
avons été accusés par des groupes néostaliniens et ultraradicaux de 
collaborationnisme avec la droite nationaliste et fasciste. ) L’unité 
d’action ne signifie pas identité idéologique et politique avec des forces 
qui n’acceptent pas les finalités sociales et l’esprit de la Charte de 
Porto Alegre. Il signifie la recherche continuelle d’ententes nécessaires 
pour atteindre des objectifs sociaux concrets. Nous considérons que 
ces ententes sont indispensables surtout avec des forces politiques, 
syndicats, organisations sociales et professionnelles, communautés de 
croyants, et d’autres, derričre lesquelles il-y-a des masses, oubien 
lesquels exercent une influence importante sur les gens. Nous sommes 
d’avis qu’il faut construire les alliances dans l’esprit de la Charte, męme 
si elles ne s’avčrent que partielles, temporaires, occasionnelles, 
instables, non fiables, contradictoires, conditionnelles. Notre but 
n’étant pas une société á nous, mais la société de tous ceux qui 
travaillent et créent.

Des regles de bon comportement

   Pour mener á bien cet immense travail, nous devons établir tout 
d’abord des rčgles politiques et morales pour nous-męmes. Il faut que 
nous mettions fin aux insinuations, aux calomnies, aux exclusions et 
agressions physiques perpétrées par certaines organisations et 
groupes de personnes vis-ŕ-vis d’autres. Au lieu de coopérer, certains 
insultent ceux qui travaillent honnętement, ils lancent contre eux des 
invectives et des anathčmes ! Nous proposons d’accepter que: Ceux 
qui ne respectent pas les finalités de la Charte, ceux qui en excluent 
d’autres, s’auto-excluent a eux-męmes du processus ! Il est intolérable 
en effet, que certains soient arrivés jusqu’au point d’exclure par 
document écrit et signé, largement diffusé dans nos réseaux, d’autres 
personnes et organisations fidčles aux principes de la Charte, dédiées 
á la lutte commune, démontrant leur capacité d’organisation et de 
coopération, sans céder de leur coté á la logique de l’exclusion 
réciproque, mais au contraire, essayant la recomposition. Aussi nous 
avons vu des manifestations d’agression physique perpétuées á 
l’égard d’activistes du FSE (voir Londres et Athenes). Certains 
continuent á diviser le FSE en verticalistes et horizontalistes, en 
opposant les forums locaux au FSE, les jeunes aux  vieux, en cherchant 
ŕ détourner l’attention des tâches sociales communes á réaliser.
Certains veulent faire croire que l’horizontalisme démocratique peut 
remplacer l’efficacité verticale nécessaire et vice-versa, alors que les 
deux sont inséparables. Á notre avis, de telles attitudes n’ont rien á 
voir avec les Principes de Porto Alegre, au contraire, elles font le jeu de 
ceux qui ne sont pas intéressés á la réalisation de nos buts sociaux et 
de paix. Si nous continuons á tolérer ces attitudes immorales, nous 
pouvons courir des risques majeurs de division, de rupture, de crises. 
Nous sommes d’avis, qu’il ne peut y avoir de compromis, condition 
essentielle du consensus, fondé sur l’exclusion et la violation des 
principes de la Charte régissant notre alliance au sein du mouvement 
social. C’est la raison pour laquelle nous proposons d’introduire la rčgle 
fondamentale du respect pratique des buts et des normes de 
comportement élémentaires.


Ce que nous proposons pour le futur


   Nous avons besoin d’un FSE different. Notre mouvement doit 
accroitre son efficacité s’il veut devenir une grande force sociale aux 
services du progres social. Des réformes sont devenues necessaires 
favorisant l’élargissement de notre base sociale, et en męme temps 
rendant plus efficace le fonctionnement du FSE. Pour répondre ŕ ces 
deux exigences, nous proposons de

1.	Définir le projet alternatif de la société que nous proposons 
et faire le connaitre aux gens, en vue d’ouvrir un débat démocratique 
de quoi faire, comment et avec qui le faire. 
2.	Indiquer les voies et les alliances sociales et politiques 
necessaires pour l’achever. (La regle régissant doit etre l’ouverture et 
la disponibilité d’accepter les valeurs humaines des autres, 
particulierement celles des croyants.)
3.	Définir les moyens materiels et humains á notre disposition 
pour mener á bien l’organisation des masses, leurs mobilisation et 
éducation sociale aux niveux europééen et nationaux.
4.	Approfondir notre dialogue, notre débat et analyse, 
l’élaboration scintifique en leur donnant un sense concret de 
transformation sociale.
5.	 Favoriser la convergeance des mouvements sociaux de l’Est 
et de l’Ouest par payant beaucoup plus d’attention aux problemes des 
pays de l’Est, les incluant sur des pieds d’égalité á l’édification de 
la „Maison Commune”: á la lutte pour L’Europe Sociale des Peuples. 
(Cela exige de dépasser la logique et les frontieres de l’Union 
Européenne.) Favoriser le processus de coopération et d’unification des 
forces sociales et politiques démocratiques et progressistes dans les 
pays de l’Est.
6.	Organiser la visibilité et la diffusion de notre projet social par 
les moyens de communication electroniques et écrits: Presse écrite, TV, 
Radios. Chercher de créer des moyens de diffusion propres, a notre 
disposition.
7.	 Pour gérer les affaires communes entre deux réunions de 
l’AEP, nous proposons de créer un organisme ( secrétariat ?) ayant 
pour tâche de préparer les assemblées, de coordonner les différentes 
initiatives et propositions á l’ordre du jour, d’organiser techniquement 
les rencontres. Cet organisme élu pourrait ętre mandaté pour assurer 
la diffusion la plus large possible de nos idées et projets dans les 
medias, réagir rapidement aux événements se déroulant en Europe et 
dans le monde, gérer les relations du mouvement avec les partis 
politiques, les syndicats, et les autres forces sociales non inclues dans 
le processus du FSE. Nous proposons donc la création d’un organisme 
á pouvoirs délégués, mandaté á terme, élu par rotation, révocable, 
fonctionnant d’aprčs les normes de la démocratie participative de Porto 
Alegre. (Il s’agit de correspondre a la double tache de la 
démocratisation  et a l’acroissement de l’efficacité de notre mouvement 
social.)
8.	L’Assemblée Européenne de Préparation des FSE devrait 
devenir un véritable forum de débat politique centré sur la maničre de 
réaliser les buts de la Charte, ainsi que le projet social commun: une 
sorte de Constituante Européenne, en évitant des discussions 
interminables sur des questions d’importance secondaire, actuellement 
la caractérisant. Vue la décision prise á Paris le 19 décembre 2004, 
d’organiser le FSE tous les deux ans dans le futur, l’AEP devrait se 
réunir une fois par trimestre ou semestre, en des lieux chaque fois 
différents et decider sur l’orientation du FSE, élaborée dans ses 
detailles par des commissions thématiques.
9.	Introduire la rčgle politique et morale de l’auto-exclusion du 
FSE au cas de violation de la Charte et des normes de bon 
comportement humain.


Octobre 2006.          Endre Simó, gtc Forum Social Hongrois 










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