[fse-esf] répression au contre G8 de St pétersbourg

Helene Adam adam at sudptt.fr
Wed Jul 12 10:48:35 CEST 2006


De la part de Craine Clément


Le Comité d’organisation du Contre G-8 et du Forum social russe de 
St-Pétersbourg demande aux réseaux internationaux de se mobiliser contre 
les répressions que subissent les militants des réseaux syndicaux, 
associatifs et politique de lutte en Russie.

Ci-dessus un article décrivant la situation :

Préparation du G8 : Vague d’arrestations sur plusieurs régions de Russie
Depuis des semaines déjà les services secrets et la police s’intéressent 
de près aux militants russes liés aux réseaux altermondialistes ou aux 
mouvements sociaux de protestation. A l’approche du Contre-Sommet et du 
Forum social de Russie du 13-16 juillet 2006, la tension monte. Depuis 
le 5 juillet se sont multipliées les « arrestations préventives » de 
militants s’apprêtant à prendre le train pour Saint-Pétersbourg.
Dans la nuit du 6 au 7 juillet ont été débarqués du train manu militari 
six militants de l’association « Pour le développement de la région de 
Nakhodka » (Extrême-Orient russe). Tatiana Kortchevnaïa a réussi à 
joindre par téléphone les organisateurs du Forum social à la gare de 
Tchita, puis leurs traces se perdent dans la nature… Juste avant de 
disparaître, les militants ont fait savoir qu’ils avaient été tabassés à 
la sortie du train.
Jeudi 6 juillet, alors qu’il était déjà dans le train en partance pour 
Saint-Pétersbourg, Roman Bourlak, du mouvement des jeunes communistes de 
Krasnoïarsk a été interrogé par les services de sécurité. Il s’est très 
vite fait « voler » son passeport, ce qui le soumet à des contrôles 
d’identité incessants. A un énième contrôle, les policiers ont découvert 
– oh surprise – de la dynamite dans le wagon où il voyageait. A la gare 
de Atchinsk (région de Krasnoïarsk), il a été embarqué au poste de 
police local.
A Novossibirsk, Vadim Ivanov, un jeune militant d’une organisation 
radicale appelée « Avant-garde de la Jeunesse Rouge », est porté disparu 
depuis jeudi. Alors que ses camarades l’attendaient au départ du train, 
il ne s’est pas présenté. Son portable ne répond pas...
A Ijevsk (République d’Oudmourtie) un jeune anarchiste membre du Soviet 
(Conseil) local de coordination des luttes a été arrêté en pleine rue, 
jeudi également. Il a passé toute la journée et la nuit au poste. Accusé 
d’avoir harcelé des gens dans la rue, il était menacé de 15 jours 
d’arrêt. Il s’est heureusement trouvé des juges honnêtes pour le 
disculper de ces accusations mensongères. Il a été libéré dans la nuit 
du jeudi au vendredi, en grande partie grâce à la mobilisation des 
militants du Conseil des luttes, eux aussi du voyage pour le Contre-Sommet.
A Tomsk un syndicaliste de la Confédération Sibérienne du Travail a été 
également arrêté le 6 juillet, à la veille de son départ pour 
Saint-Pétersbourg, mais il a eu moins de chance. Après un jugement 
tronqué et sur une accusation fabriquée, il a été emprisonné pour 10 
jours. A l’heure actuelle, il est en grève de la faim pour protester 
contre ce procès inique.
A Moscou même, autour de 22 heures jeudi, un groupe de jeunes 
anarchistes tranquillement assis dans un parc du centre-ville, a été 
embarqué par les policiers, attirés par des affiches anti-G8 qui 
traînaient dans les parages... Après interrogatoire, ils ont été libérés 
au bout des trois heures réglementaires, mais les affiches ont été 
confisquées...
A Saratov un militant du Parti National-Bolchévique a été sorti du train 
le 5 juillet et a passé neuf heures dans les locaux des services de 
lutte contre l’extrémisme. Motif invoqué : il serait recherché par la 
police fédérale. Or c’est un étudiant de 2è année de l’Institut de 
polytechnique de Saratov qui n’a rien d’un criminel en fuite.
A Barnaoul (Altaï) plusieurs membres des jeunes communistes subissent 
depuis quelques jours des interrogatoires répétés. Leurs parents 
reçoivent des coups de téléphone de policiers « inquiets » pour le sort 
de leurs enfants. Tout cela pour dissuader les jeunes de participer au 
Contre-Sommet de Saint-Pétersbourg.
Des incidents de ce type ont été déclarés encore dans plusieurs autres 
villes de Russie, ce qui n’augure rien de bon quant à l’attitude du 
pouvoir à l’encontre du Contre-Sommet. Rappelons que les 13-15 juillet 
aura lieu le second Forum Social Russe au stade Kirov de 
Saint-Pétersbourg, où sera érigé un village de tentes. Les autorités 
fédérales et régionales ne se privent pas de faire la publicité de leur 
grandeur d’âme vis-à-vis des « antiglobalistes » auxquels ils ont 
accordé le stade. Mais elles se gardent bien d’afficher les répressions 
en coulisses. De plus, selon les informations en provenance du Comité 
d’organisation du Contre-Sommet, l’autorisation de manifester (le 15 
juillet dans l’après-midi) aurait été refusée aux altermondialistes et 
militants des mouvements sociaux.
A la veille du G8 la tension monte, et les nuages se concentrent 
au-dessus du stade Kirov, rappelant de mauvais souvenirs chiliens...
Carine Clément (journaliste et membre du Comité d’organisation du RSF et 
du Contre-Sommet)



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