[CIFS] Ce qui est en jeu à Rio + 20 - Communiqué du Groupe d’articulation international du Sommet des peuples
Maxime Combes
maxime.combes at gmail.com
Wed May 16 09:37:58 CEST 2012
Pour votre information,
Ci-dessous un communiqué du Groupe d’articulation international du Sommet
des peuples.
N'hésitez pas à diffuser.
Maxime
--
Maxime COMBES
maxime.combes at gmail.com
+33 6 24 51 29 44
skype : maxime.combes
Twitter : MaximeCo**
http://cupuladospovos.org.br/fr/2012/05/ce-qui-est-en-jeu-a-rio-20/
*Communiqué du Groupe d’articulation international du Sommet des peuples
pour la justice sociale et environnementale*
*Pour l’unité et la mobilisation des peuples*
*pour la vie et les biens communs, la justice sociale et environnementale*
*contre la marchandisation de la nature et l’”économie verte”*
A un mois de la conférence des Nations Unies Rio+20, les peuples du monde
ne constatent aucunes avancées positives dans le processus de négociation
qui se déroule au sein de la conférence officielle. En effet, on ne parle
ni du bilan des accords conclus à Rio 92, ni des moyens pour agir sur les
causes de la crise. Les discussions se focalisent sur un ensemble de
propositions trompeuses appelé “économie verte” et l’instauration d’un
nouveau système de gouvernance environnementale international, qui
faciliterait leur mise en place.
La véritable cause structurelle des multiples crises est le capitalisme,
sous ses formes classiques et nouvelles de domination, qui concentre la
richesse et produit les inégalités sociales, le chômage, la violence contre
le peuple, la criminalisation de ceux qui le dénoncent*. *Le système de
production et de consommation actuel – dont les grandes multinationales,
les marchés financiers et les gouvernements sont les garants – produit et
accélère le réchauffement et la crise climatique internationale, la faim et
la malnutrition, la disparition des forêts et de la diversité biologique et
socioculturelle, la pollution chimique, l’épuisement de l’eau potable, la
désertification croissante des sols, l’acidification des mers,
l’accaparement des terres et la marchandisation de tous les domaines de la
vie dans les villes et les campagnes.
L’”économie verte”, contrairement à ce que son nom suggère, n’est qu’une
autre étape d’accumulation capitaliste. Rien dans l’”économie verte” ne
remet en question ou ne remplace l’économie basée sur l’extraction de
combustibles fossiles, ou ses modèles de consommation et de production
industrielle. Au contraire cette économie ouvre de nouveaux territoires à
l’économie* *qui exploite les personnes et l’environnement, alimentant
ainsi le mythe que la croissance économique infinie est possible.
Le modèle économique qui a échoué, que l’on déguise aujourd’hui en vert,
cherche à soumettre tous les cycles vitaux de la nature aux règles du
marché et à la domination de la technologie, de la privatisation et de la
marchandisation de la nature et de ses fonctions, ainsi que les savoirs
traditionnels, en renforçant les marchés financiers spéculatifs grâce aux
marchés du carbone, aux services environnementaux, aux compensations pour
la biodiversité et au* *mécanisme REDD+ (Réduction des émissions de
CO2 provenant de la déforestation * *et de la dégradation forestière).
Les transgéniques, les agro-toxiques, la technologie *Terminator*, les
agro-combustibles, les nanotechnologies, la biologie synthétique, la vie
artificielle, la géo-ingénieurie et l’énergie nucléaire, entre autres, sont
présentés comme des “solutions technologiques” aux limites naturelles de la
planète et aux multiples crises, alors qu’elles ne répondent pas aux
véritables causes qui les provoquent.
De plus, on promeut l’expansion du système alimentaire agro-industriel,
l’une des causes les plus importantes des crises climatiques,
environnementales, économiques et sociales, approfondissant la spéculation
sur les aliments, et favorisant les intérêts des multinationales de
l’agro-industrie, au détriment de la production locale, paysanne,
familiale, des peuples indigènes et des populations autochtones, affectant
ainsi la santé de tous.
La stratégie de négociation au sein de la Conférence Rio+20, consiste pour
certains gouvernements des pays riches à proposer une régression par
rapport aux principes décidés à Rio 92, tels que le principe de
responsabilité commune et différenciée, le principe de précaution, le droit
à l’information et à la participation. Ils menacent des droits déjà acquis,
tels que le droit des peuples indigènes, le droit des populations et
nations autochtones et paysannes, le droit à l’eau, les droits des
travailleurs et des travailleuses, les droits des migrants, le droit à
l’alimentation, au logement, à la ville, les droits des jeunes et des
femmes, le droit à la santé en matière de sexualité et de reproduction, à
l’éducation et les droits culturels.
On tente d’instaurer lesdits Objectifs de développement durable (ODS) qui
seront utilisés pour promouvoir l’”économie verte”, fragilisant encore plus
les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), déjà insuffisants.
Le processus officiel propose d’établir des formes de gouvernance
environnementale mondiale, qui auraient pour rôle d’administrer et
faciliter cette “économie verte”, à travers la Banque Mondiale et d’autres
institutions financières publiques ou privées, nationales et
internationales, ce qui provoquerait un nouveau cycle d’endettement et
d’ajustements structurels déguisés en vert. Il ne peut exister de
gouvernance démocratique mondiale sans en finir avec la domination exercée
par les multinationales sur les Nations Unies.
*Nous refusons ce processus et faisons appel à tous pour venir renforcer
les manifestations et les constructions d’alternatives dans le monde entier.
*
Nous luttons pour un changement radical du modèle actuel de production et
de consommation, en renforçant notre droit à nous développer en s’appuyant
sur les modèles alternatifs basés sur des réalités multiples vécues par les
peuples, réellement démocratiques, respectant les droits humains et
collectifs, en harmonie avec la nature et la justice sociale et
environnementale.
Nous affirmons la construction collective de nouveaux paradigmes basés sur
la souveraineté alimentaire, l’agroécologie et l’économie solidaire, sur la
lutte pour la vie et les biens communs, sur l’affirmation de tous les
droits menacés tels que le droit à la terre et au territoire, le droit à la
ville, les droits de la nature et des générations futures, et sur
l’élimination de toute forme de colonialisme et d’impérialisme.
Nous faisons appel à tous les peuples du monde pour appuyer la lutte du
peuple brésilien contre la destruction de l’un des plus importants cadres
légaux de protection des forêts (Code Forestier), qui ouvre la porte à une
déforestation accrue au profit des intérêts de l’agro-industrie et au
renforcement de la monoculture ; appuyer également la lutte contre la mise
en place du méga-projet hydraulique de Belo Monte, qui affecte la survie et
la vie des peuples de la forêt ainsi que la biodiversité amazonienne.
Nous renouvelons notre invitation à participer au Sommet des Peuples qui
aura lieu du 15 au 23 Juin à Rio de Janeiro. C’est une étape importante des
luttes mondiales pour la justice sociale et environnementale que nous
construisons depuis Rio 92, notamment à partir de Seattle, du FSM, de
Cochabamba, où se sont amplifiées les luttes contre l’OMC et l’ALCA, pour
la justice climatique et contre le G20. Nous intégrons également les
mobilisations de masse et luttes populaires comme Occupy, les indignés et
le printemps arabe.
Nous faisons appel à tous pour les mobilisations mondiales du 5 juin
(Journée internationale de l’environnement), du 18 juin contre le G20 (qui
cette fois sera axé sur la “croissance verte”) et du 20 juin pour la marche
du Sommet des peuples à Rio de Janeiro et dans le monde entier, pour la
justice sociale et environnementale, contre l’”économie verte”, la
marchandisation de la vie et de la nature et pour les biens communs et les
droits des peuples.
* *
*
Rio de Janeiro, 12 mai
2012*
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