[CIFS] Invitation Soirée d'information et de bilan sur le SOMMET DES PEUPLES de Lima - Mardi 3 JUIN 2008

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Mon May 26 16:10:08 CEST 2008


 

Le Collectif Amérique Latine et Caraïbe (CAL)

a le plaisir de vous inviter à une 

 

 

Soirée d’information sur le 

Sommet des Peuples de Lima

(mai 2008)

 

 


Mardi 3 JUIN 2008


de 18h30 à 20h30

 

En présence de toutes les personnes qui ont fait parties de la délégation
française

 

 

Maison des Associations du 14ème 

22 rue de Deparcieux

75014 PARIS

(Métro lignes 4 et 6 – Denfert-Rochereau)

 

 

 


Programme


*               Accueil

*               Présentation du Sommet des Peuples de LIMA (13 au 16 mai
2008)

*               Présentation de la sentence du Tribunal Permanent des
Peuples (session sur les multinationales européennes en Amérique Latine)

*               Echanges et réponses aux questions du public

 

 

 

 

 

 

Contact :

France Amérique Latine

www.franceameriquelatine.org <http://www.franceameriquelatine.org/>  

01 45 88 27 04

 

 

Enlazando Alternativas 3 – LIMA 13 au 16 mai 2008

Déclaration du Sommet des Peuples.

 

 

 

Nous, organisations sociales, politiques et populaires, de travailleurs et
travailleuses, de migrants,  communautés indigènes et paysannes,  mouvement
des femmes, des jeunes, et  mouvement syndical d’Amérique Latine, des
Caraïbes et d’Europe, réunis à Lima durant le Sommet des Peuples, Enlazando
Alternativas III, déclarons :

 

La coopération et l’intégration de nos peuples passent d’abord par la
construction d’un système dans lequel les droits économiques, politiques,
sociaux, culturels et environnementaux du plus grand nombre soient une
priorité et une raison d’être des politiques gouvernementales. C’est pour
ces raisons que nous rejetons le projet d’Accord des Associations, proposé
par l’Union Européenne et approuvé par plusieurs gouvernements
latino-américains et caribéens, qui ne visent qu’à intensifier et perpétrer
l’actuel système de domination qui a fait tant de mal à nos peuples.

 

La stratégie de l’Union Européenne, « Europe globale, celle de la
concurrence dans le monde », suppose le perfectionnement des politiques de
compétitivité et de croissance économique qui cherchent à gonfler le carnet
de commandes de leurs transnationales et à approfondir les politiques
néolibérales, incompatibles avec le discours sur le changement climatique,
la réduction de la pauvreté et la cohésion sociale. Bien qu’on prétende
protéger leur identité en incluant des notions de coopération et de dialogue
politique, l'essence du projet est d’ouvrir les marchés des capitaux, des
biens et des services, de protéger l’investissement étranger et de réduire
la capacité de l’Etat à promouvoir le développement économique et social.
Cela a des implications dans les deux régions.

 

Pour l’Amérique Latine et les Caraïbes cela reproduit le schéma des Traités
de Libre Commerce avec les Etats Unis auxquels ont adhérés la plupart des
pays de la région, et qui vont bien au-delà des politiques de l’O.M.C. que
nous rejetons. Les ressources naturelles de ces pays sont exploitées sans
discernement, des communautés entières sont déplacées, la biodiversité
dévastée, les ressources hydriques épuisées,la main d’œuvre paupérisée, et
les multinationales européennes ont une lourde part de responsabilité.
Depuis des siècles l’Amérique Latine a été victime du saccage des
multinationales et, maintenant, alors que des avancées démocratiques
stimulent la recherche de chemins propres au développement dans différents
pays, et de formes d’intégration au service des peuples, plusieurs
gouvernements qui appliquent les recettes du libre commerce favorisent la
fragmentation de la région, les contradictions entre ces différents pays et
les affrontements nationaux. En Europe , l’une des grandes menaces pour la
démocratie, la justice, la paix et l’équilibre écologique, est le Traité de
Lisbonne, qui est ratifié par les élites sans consultation préalable de la
population, et que nous rejetons comme nous l’avons déjà fait par le passé.
Ce traité renforce l’Europe néolibérale, intensifie la militarisation,
l’exclusion, les inégalités et la marchandisation, et il  favorise le
durcissement des politiques sécuritaires et répressives. Et en sont la
preuve l’augmentation de la précarité, une attaque généralisée contre tous
les droits sociaux, en particulier les conquêtes sociales. En même temps la
construction de « l'Europe Forteresse » s’accélère, ce qui implique la
fermeture des frontières,  violant ainsi le droit d’asile et  criminalisant
les migrants et les mouvements sociaux,  créant des murs virtuels ou réels,
qui ne sont pas différents de ceux qui sont construits à la frontière au
Nord de l’Amérique.

 

Les Accords d’Association que l’Union Européenne a signé avec le Mexique et
le Chili ont aggravé les inégalités et montrent le chemin que suivront ceux
qui signeront ces Accords en Amérique Centrale, dans la Communauté Andine
des Nations et au sein du MERCOSUR dont on veut ressusciter les
négociations. Pour les pays des Caraïbes, ces Accords, récemment signés,
augmenteront la vulnérabilité et la dépendance de leur économie, de même
qu’ils freineront la dynamique d’intégration régionale.

 

Au moment où à Lima les gouvernements parlent de cohésion sociale, de
changement climatique et de réduction de la pauvreté, il convient de
rappeler que la principale cause d'inégalités, de polarisation sociale, de
dégradation environnementale et de discriminations, est la suprématie du
marché sur les droits de la personne et l’octroi de toutes les garanties aux
corporations qui privent les Etats de leur capacité à définir des projets
nationaux de développement, et ceci avec la complicité des gouvernements.
Les transnationales jouent un double jeu en s’appuyant sur les asymétries
que les Accords d’Association ont tendance à renforcer. En conséquence, le
discours sur la Coopération et le Dialogue Politique est l’appât qui fait
mordre à l’hameçon des intérêts de ces corporations.

 

Face à la crise alimentaire qui affecte des dizaines de pays, nous dénonçons
l’hypocrisie et les politiques des institutions multilatérales (
OMC,MI,BM,BID,BEI) qui veulent cacher ses véritables causes : orientation de
la production de ces pays vers l’exportation, perte du rôle de l’Etat dans
la régulation alimentaire et utilisation des aliments comme  source de
spéculation financière, tout ceci étant le résultat des politiques de «
libre commerce ».De même, il est inadmissible que l’on préconise, pour
sortir de la crise, plus de libéralisation et de déréglementation. La
production massive d’agro combustibles aggrave les conditions de vie déjà
difficiles de millions d’habitants. Nous rejetons une fois encore cette
prétendue sortie de la crise énergétique et climatique.

 

Face à cette situation, nous, organisations formant partie de "Enlazando
Alternativas", rappelons qu'une intégration différente est possible, basée
sur la libre détermination des peuples, le respect de l’environnement, des
droits humains et des processus démocratiques entrepris par les
gouvernements qui s’éloignent du néolibéralisme et cherchent pour leurs
peuples des relations égalitaires avec les autres pays du monde. Cela
suppose, entre les peuples, le renforcement de la solidarité et de la
coopération dans tous les domaines, la fin de toute forme de discrimination
et le dépassement des pratiques de violation de la souveraineté des pays.
Comme l’a montré la deuxième session du Tribunal Permanent des Peuples, nous
demandons justice et réparation des torts, dommages et préjudices provoqués
par les entreprises européennes, et la remise en question des relations avec
ces entreprises, de façon à ce qu'elles assument les passifs sociaux et
environnementaux qui leur incombent. 

 

Nous saluons les nationalisations d’entreprises stratégiques pour le
développement national et des ressources nationales, qui appartiennent aux
peuples, et non aux transnationales, comme par exemple celle de l’entreprise
bolivienne de télécommunications ETI/ENTEL. Nous lançons un appel aux
gouvernements qui favoriseront des politiques progressistes pour qu'ils
adhèrent au processus de transformation que nous encourageons. Nous
condamnons  les interventions provocatrices des USA et de l’Union Européenne
contre la souveraineté des peuples. L’Union Européenne doit assumer sa dette
historique envers les peuples d’Amérique Latine, en particulier envers les
peuples d’origine. Nous attirons l’attention sur la situation dramatique de
Haïti, résultat de décennies de spoliation, aggravée par l’actuelle
domination militaire. Nous dénonçons aussi la politique de complaisance de
l’Union Européenne avec le gouvernement colombien.

 

La seule issue pour les peuples latino-américains, caribéens et européens
est de s’unir pour défendre leur bien-être et renforcer la résistance et la
mobilisation contre les politiques néolibérales. Cette résistance doit se
nourrir de l’apport des femmes, des peuples d’origine, des paysans et des
autres forces sociales qui, de par leur présence au Sommet Social, ont donné
un exemple de combativité et de créativité dans l’élaboration d’alternatives
et de recherche de progrès fondé sur l’harmonie avec la nature, les droits
humains et l’élimination de toute forme de discrimination.

 

Nous exigeons des gouvernements qu’ils tiennent véritablement compte des
demandes des peuples pour créer un autre type de relations entre les
régions, basées sur le dépassement du modèle marchand. Nous lançons un appel
aux populations pour qu'elles ne se laissent pas encore abuser par des
gouvernements autoritaires qui prétendent criminaliser les mouvements de
protestation civile juste. Nous invitons les habitants d’Amérique Latine,
des Caraïbes et d’Europe à se joindre aux forces de plus en plus nombreuses
d’organisations qui recherchent un monde meilleur pour tous, pour être ainsi
à la hauteur des défis auxquels l'humanité doit faire face aujourd'hui.

 

Nous invitons toutes les organisations sociales et populaires des deux
Continents à préparer dès maintenant le prochain Sommet Social des Peuples,
« Enlazando Alternativas IV », qui aura lieu en Espagne en 2010.

 

16 mai 2008

 

Hola a tod at s,

He querido informarles que el semanal Courrier International que se publica
en Francia y distribuye en más de veinte países, en su edición de esta
semana (número 916) edita en su página 21 un artículo retomado del matutino
limeño La República, que lleva por título "Juzgan a 20 empresas" (vingt
multinationales face au Tribunal des peuples). Se los envío como testimonio
de la importancia que nuestro esfuerzo ha alcanzado. Es la primera vez que
este semanal se ocupa de nosotros y, sobretodo, deja de lado la cumbre
oficial.

 

Saludos 

Alfonso MORO

 

 

Publié dans le Courrier International de cette semaine – 23 mai 2008

PÉROU •

Vingt multinationales face au Tribunal des peuples

 

La juridiction altermondialiste, créée en Italie en 1979, s’est installée à
Lima en marge du 5e sommet Union européenne-Amérique latine. Elle a jugé
notamment Bayer et Shell, accusées de violer les droits des Indiens.

 

 

Sur l’estrade qui sert habituellement aux discours officiels, des hommes et
des femmes d’origine indienne ont préparé une offrande symbolique à la Terre
– feuilles de coca, encens et prières en quechua. Le monde des Andes affiche
ainsi ses codes, rituels et lois à quelques encablures à peine du centre de
Lima, dans le cadre du Sommet des peuples organisé parallèlement au 5e
sommet Union européenne-Amérique latine et Caraïbes [qui s’est tenu le 16
mai dans la capitale péruvienne]. Inaugurée le 14 mai à midi dans un
amphithéâtre de l’Université nationale d’ingénierie [de Lima], la troisième
édition du Sommet des peuples s’est ouverte devant un auditorium plein à
craquer. Quelques heures plus tard, c’était au tour du Tribunal permanent
des peuples de se réunir. Une juridiction à caractère non contraignant,
devant laquelle devaient défiler des représentants indigènes, des
organisations non gouvernementales, des mouvements sociaux et des partis de
gauche afin de présenter leurs témoignages en tant que victimes affectées
par des activités d’entreprises multinationales européennes. Dans le même
esprit qu’une Commission pour la vérité, des témoins ­provenant de divers
pays d’Amérique latine ont défilé pour raconter ce qu’ils ont vu, senti,
souffert ou tu. Au total, vingt entreprises censées avoir violé les droits
fondamentaux de ­communautés indiennes, de travailleurs et de populations
vulnérables figuraient au banc des accusés. Selon Miguel Palacín,
coordon­nateur du Sommet des peuples, trois d’entre elles – présentes au
Pérou – devront comparaître devant la justice. Parmi celles-ci figure
l’entreprise d’exploitation minière Río Blanco Copper (anciennement Majaz),
fi­nancée par des capitaux britanniques, qui exploite des mines dans les
montagnes de la région de Piura [dans le nord du pays]. Les communautés
paysannes l’accusent de polluer l’environnement et de mettre en œuvre des
politiques répressives. L’entreprise agroalimentaire Camposol – qui
appartient au groupe norvégien Dyer – sera également jugée pour avoir
licencié arbitrairement des salariés organisés en syndicats. Le même sort
attend le groupe agrochimique allemand Bayer, car on l’accuse d’avoir
empoisonné quarante-quatre enfants de Cuzco – décédés après avoir ingéré un
aliment contenant l’un de ses produits insecticides. “La plupart des
multinationales sont protégées par les Etats. C’est pourquoi le Tribunal
permanent des peuples est plutôt un tribunal d’éthique. Nous cherchons à
attirer l’attention sur les violations des droits et des législations
nationales et ­inter­na­tionale”, explique Palacín.“Nous ­ju­geons les
entreprises pour remettre nos conclusions au gouvernement de leur pays
d’origine. La suite logique serait le dépôt d’une plainte auprès d’un
tribunal ordinaire.” Il explique également que toute la documentation légale
et les témoignages recueillis par le Tribunal ­permanent des peuples
fourniront les bases pour présenter ces dossiers devant la justice
péruvienne.

 

Argentins, Boliviens et Équatoriens ont témoigné

 

Le tribunal a consacré sa séance inaugurale à l’affaire Río Blanco Copper.
Devant un auditoire attentif, le pré­sident des communautés paysannes
d’Ayabaca, Magdiel Carrión, accusé de terrorisme pour s’être opposé aux
activités de cette entreprise minière, a pris la parole. “Nous sommes là
pour dénoncer les violations que nous avons subies”, a-t-il annoncé. Avec la
même intensité, des Argentins, des Boliviens et des Equatoriens ont témoigné
afin de dénoncer les activités d’exploitation d’hydrocarbures de
l’entreprise espagnole Repsol-YPF. Le groupe Shell, financé par des capitaux
britanniques et néerlandais, est également mis en cause, tout comme
l’entreprise finlandaise Botnia, accusée de détruire l’environnement par la
construction d’une usine de pâte à papier sur la rive du fleuve Uruguay,
côté uruguayen. Le Tribunal permanent des peuples a été créé en 1979, en
Italie. C’est la deuxième fois qu’on y juge des entreprises à capitaux
européens. Milagros Salazar La República

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FRANCE AMERIQUE LATINE

37, Bd. Saint Jacques 75014 Paris

Tél. (33)1 45 88 27 04 Fax : (33)1 45 65 20 87

Email : projet at franceameriquelatine.fr  

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