[CIFS] La mémoire du FSE et le CIFS

Françoise Feugas francoise.feugas at orange.fr
Mon Mar 10 11:20:24 CET 2008


Chers amis du CIFS,

Depuis 2003 et ma participation au groupe « restitution » qui a oeuvré 
pour que soient collectés avant et après le forum plus de 500 textes de 
présentation et comptes-rendus des plénières, séminaires et ateliers, 
mon engagement n'a pas faibli pour que s'élabore, à partir de cet 
exemple unique dans l'histoire des forums sociaux, ce qu'un petit groupe 
d'acharnés volontaires a appelé la « mémoire » du FSE. Non pas une série 
de textes d'analyse individuels, ainsi qu'on les trouve ici et là, 
principalement autour d'hypothèses sur l'avenir du/des forums, mais bien 
*un ensemble de textes endossés collectivement*, fruits de débats et de 
prises de position de mouvements, d'organisations, de réseaux, voire de 
groupes ad hoc réunis autour d'une thématique par le processus de fusion 
d'activités, et dont la valeur ajoutée politique est, de ce fait, 
précieuse et unique.

Les partenaires du projet « Mémoire et outils pour le FSE 2003 », qui a 
bénéficié comme vous le savez d'une subvention non négligeable grâce à 
l'association de financement du FSE 2003, ont majoritairement choisi de 
faire porter l'accent sur les « *outils collaboratifs* », au détriment 
de la « mémoire » au sens où nous l'entendons. Dans une confusion des 
genres qui a la vie dure en dépit des faits avérés, beaucoup s'en 
tiennent encore à l'*illusion technologiste* selon laquelle il suffirait 
de fournir à chacun-e la possibilité de mettre en ligne ses propres 
documents pour que le résultat de cette juxtaposition ait un sens 
(politique) commun. Le présupposé implicite étant que l'on aboutisse à 
une documentation autogérée, passant ainsi -- par le miracle de la 
technique, - de l'individuel au collectif, illusion qui 
s'auto-alimente en permanence d'un mieux-faisant toujours technique : si 
ça ne marche pas, si ça ne crée pas de dynamique, c'est que les 
« outils » ne sont  pas assez conviviaux... C'est ainsi par exemple que 
l' « openesf » a remplacé le défunt -- et coûteux -- « workspace », et 
il y a tout à parier pour qu'il ne produise jamais de sens commun, de 
même que l'addition de mémoires individuelles n'a jamais produit en soi 
de lecture historique des luttes.

Imaginons un instant que cet effort de mise en commun via une base de 
données accessible à tout internaute se soit poursuivi en 2004 et en 
2006 : nous aurions aujourd'hui un matériau d'analyse diachronique 
conséquent de près de 2000 textes en plusieurs langues, utile à tous : 
chercheurs, participants au prochain forum, membres des comités 
d'organisation, journalistes tentant de rendre compte de ce qui se dit 
dans ce qu'ils appréhendent souvent comme une grande foire 
altermondialiste, et un public européen plus large à qui on se préoccupe 
assez peu finalement de fournir une vision d'ensemble des problématiques 
que nous brassons. Les organisations y trouveraient également matière à 
constituer toutes sortes de produits documentaires utiles à leur action, 
mais aussi des adresses de contact et des angles d'analyse qu'ils 
ignorent peut-être...Chacun pourrait y mesurer l'évolution des positions 
de divers collectifs au regard de l'actualité politique, constater les 
visions communes, mais également les dissensus et les questions à la 
marge, etc.

Mais ce matériau de base, utile à toute synthèse, n'a pu se construire 
jusqu'ici et l'initiative impulsée par le CIF à l'origine est restée 
stérile. Demeure cette base de textes de 2003, que nous avons dû 
batailler pendant plus de quatre ans pour conserver et finalement mettre 
en valeur sur le site fse-esf.org de telle manière qu'il suffirait d'une 
volonté commune pour qu'elle soit alimentée à nouveau, avant et après 
Malmö. Tout est prêt, manque cette volonté.

Avec Carole Faure, nous avons tenté en vain de nous faire entendre au 
cours des trois dernières AEP afin d'obtenir qu'une décision claire soit 
prise pour qu'existe une *mémoire 2008*, car nous sommes conscientes que 
la raison essentielle du succès de 2003 a résidé dans la volonté 
explicite du comité d'organisation de l'époque de la faire exister. La 
vôtre, celle du CRID en particulier qui a mobilisé des volontaires pour 
ce faire, embauché des stagiaires...,  mais aussi celle des membres de 
l'association de financement qui ont décidé de nous confier une partie 
des subventions restantes pour que le travail soit poursuivi au-delà de 
l'événement de 2003.

*C'est pourquoi je pense que le CIFS doit continuer à porter ce projet*, 
lequel ne peut plus reposer uniquement sur la bonne volonté de deux 
personnes (Carole Faure et moi), aussi engagées soient-elles. 
Personnellement, je ne continuerai à m'y investir qu'à cette condition 
et demeure à votre disposition pour en discuter.

A tous et à toutes, amitiés solidaires

Françoise Feugas
Coordination du projet « Mémoire et outils pour le FSE 2003 »
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