[CIFS] Invitation
Laurent G.
yotogui at ras.eu.org
Fri Nov 9 11:22:30 CET 2007
Bonjour,
ça fait un peu le même effet que de tomber sur Think El Crotte le
samedi matin à la radio, mais là c'est l'autre volet des "valeurs",
le trop long chapitre de la gauche abjecte
Le 9 nov. 07 à 10:30, Astrid Sobreiro a écrit :
> PAF: 41€ (déjeuner compris)
Au moins une telle condition aura-t-elle le mérite d'éviter la
présence des premiers concernés, ce qui présente un intérêt manifeste
tant pour la civilité des débats que quant à leur contenu, on va le
voir, il contribue à "fluidifier les relations sociales", comme dit
Gauthier Sauvagnac
> En France, le nombre d'emplois précaires atteint environ 14% des
> salariés.
Il ne suffit pas de regarder une photo pour avoir une idée du film.
Quantitativement, la norme dominante d'emploi reste bien le CDI. En
revanche la norme d'embauche est le CDD (70 à 80% des embauches
depuis des décennies). Pourquoi brandir l'épouvantail "américain",
crier au loup, on peut commencer par des constats :
- banalité : travailleurs pauvres ne se dit pas working poors, un
tiers des "sdf" occupent un ou plusieurs emplois, idem pour les
allocataires du RMI, 600 000 chômeurs inscrits et indemnisés
dépendent de leurs salaires et d'allocations chômage
- le travail excède l'emploi et l'entreprise, (ne prenez que le plus
aisé à admettre : la formation) la sécurisation des parcours salariés
doit partir de ce fait, à moins de "négocier" (intellectuellement au
moins) avant même d'avoir livré bataille, c'est à dire opté pour un
pont de vue qui ne soit pas patronal et étatique, encore faut-il
envisager de se garder de cette corruption galopante.
> Alors que le modèle américain tend à s'imposer en France,
> particulièrement en matière de politiques sociales, les projets
> portés par le MEDEF et par le gouvernement français de réformer en
> profondeur le contrat de travail renforcent cette tendance. Aux
> Etats-Unis, c'est le principe de " l'emploi discrétionnaire " qui
> prévaut, avec une relation de travail indéterminée à laquelle
> l'employeur peut mettre fin sans raison et sans indemnité. Le "
> contrat nouvelle embauche " en est une version française.
Baratin de myope nationaliste et travailliste ? le provincialisme
français voudrait pousser un cocorico ? mais, à part dans les grosses
boites, le licenciement est aisé, dans bien des cas il fait déjà
l'objet de transactions (le contrat unique était censé en diminuer le
coût).
L'intérêt du CNE est d'expérimenter des moyens de casser les
garanties (durée, salaire) attachées au CDD, pas au CDI. Un seul
problème, il faudrait supprimer les prud'hommes pour diminuer un coût
du CNE en forte hausse (un facteur d'insécurité pour les patrons, ah!
ah! ah!).
>
> Dans la même veine, ce qui se dessine avec le "contrat de travail
> unique " et la proposition du MEDEF de créer une "séparabilité de
> gré à gré" remet en cause toute législation sur les licenciements
> en prétendant libérer le contrat de travail de "l'accumulation de
> protections" (N. Sarkozy). Si une telle conception prévalait,
> l'ensemble des rapports entre employeurs et salariés s'en
> trouverait modifié.
Baratin de nouveau, le hochet idéologique du "contrat de travail
unique" est abandonné (les employeurs se débrouillent déjà bien).
Allez vous vous pencher sur la réalité, le projet de "contrat unique
d'insertion" ou bien votre religion (obscurantiste, dois je souligner
malgré le pléonasme) du plein-emploi vous rendra-t-elle encore
incapable de voir le processus réel de précarisation ? (on sait ce
qu'a donné depuis 1981 l'alternance de gauche en la matière, où il
faut le rappeler ?).
>
> Le débat désormais posé publiquement sur la "sécurisation des
> parcours professionnels" est donc de la plus grande actualité.
Vous voulez le plein emploi, pas la sécurisation des parcours de ceux
qui précisément effectuent les emplois qui vous permettent de payer
41 euros une mondanité (tant pis pour Arronowitz...).
Toute cette "invitation" (à payer) n'est qu'un énième soutien, à
peine conscient, halluciné par ses idées reçues, à la "nouvelle"
doctrine socialiste énoncé par Jospin en réponse aux mouvements de
chômeurs et précaires en 1997/98
Nous voulons une société de travail, pas d'assistance.
Il ne s'agit que de stigmatiser les désaffiliés (des assistés) et en
fait de continuer à promouvoir les vainqueurs, d'assister un patronat
national (exo de charges, baisse de la fiscalité), ou pas (est-ce là
que vous aurez à plancher : renationaliser le marché.... de l'emploi ?)
Autant dire qu'avec une telle opposition, on vérifiera à nouveau que
la droite n'a pas de souci à se faire, une telle "critique" promet
beaucoup de bonheur et de force à l'imbécillité.
ciao,
l.
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