[CIFS] Appel à manifestation en Hommage à Hrant Dink, samedi 27 janvier 15h, Paris, République

Florent Schaeffer florent at reseau-ipam.org
Mon Jan 22 23:26:38 CET 2007


Bonjour,
Voici un appel à manifestation en mémoire de Hrant Dink, journaliste  
arméno-turc et défenseur des droits de l'homme et du dialogue arméno- 
turc, assassiné vendredi dernier à Istanbul par un jeune nationaliste  
turc.
Cet appel a été lancé par le RACORT.
La tribune d'Ahmet Insel, universitaire et militant des droits de  
l'homme, parue dans Libération du jour, sur la portée politique de  
cet assassinat, ainsi qu'une présentation du RACORT figurent ci-après  
également.
Florent

ps : Pour soutenir cet appel et cette manifestation, merci d'envoyer  
signature à Umit Metin de l'ACORT à : acort at acort.org

--------

Cher(e) ami(e),

Nous appelons l'ensemble des organisations, des syndicats et des  
associations à signer l'appel à une manifestation silencieuse en la  
mémoire de HRANT DINK, défenseur des droits de l'homme et artisan du  
dialogue arméno-turc.
Plus que jamais le dialogue arméno-turc doit être renforcé et soutenu  
par l'ensemble des démocrates français.

APPEL A MANIFESTATION

Le Rédacteur en Chef du journal Agos, Hrant Dink, a été assassiné le  
vendredi 19 janvier devant la porte du journal.

NOUS APPELONS A UNE MANIFESTATION SILENCIEUSE,
SOUS UNE SEULE PANCARTE,

NOUS SOMMES TOUS DES HRANTS !
NOUS SOMMES TOUS DES ARMENIENS !

EN HOMMAGE A HRANT DINK,
Défenseur de la paix, de la fraternité, de la liberté, de la démocratie
et artisan du dialogue Arméno-Turc pour une mémoire collective

LE SAMEDI 27 JANVIER A 15H
LA PLACE DE LA REPUBLIQUE
METRO : République


LES PREMIERS SIGNATAIRES :
Rassemblement des Associations Citoyennes des Originaires Turquie  
(RACORT)
Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (L’ACORT)
CEDETIM
A.E.C (Assemblée Européenne des Citoyens)

METIN Umit
Coordinateur Général
L'Assemblée Citoyenne des Originaires deTurquie (L'ACORT)
39, boulevard de Magenta - 75010 Paris
Tel : 01 42 01 12 60  Fax: 01 42 01 02 86


------------------------------------------------------------------------ 
--------

Vous trouverez ci-dessous :
- le communiqué du RACORT (Rassemblement des Associations Citoyennes  
des Originaires de Turquie) sur l'assassinat de Hrant Dink.
- la tribune de Ahmet Insel (enseignant à l'université Galatasaray,  
éditeur du mensuel Birikim, militant turc des droits humains) parue  
dans Libération du jour.
- + une présentation du RACORT.
Julien Lusson

--------

Communiqué du RACORT

Le RACORT (Rassemblement des Associations Citoyennes des Originaires  
de Turquie), condamne avec force l’'assassinat du journaliste Hrant  
Dink du quotidien Agos, et exprime sa très grande tristesse pour la  
perte d’un homme de la démocratie, du combat intellectuel et de la  
paix entre les peuples.

Le Rédacteur en Chef du journal Agos, Hrant Dink à été assassiné  
aujourd’hui devant la porte du journal.

Il, était un des plus fervents défenseur de la paix, de la  
fraternité  et de la démocratie en Turquie.
Il rêvait d’'une Turquie qui se serait réconcilié avec son passé.
Il rêvait d’'un avenir où les Turcs, les Arméniens, les Kurdes enfin  
tous les peuples de la Turquie vivraient en harmonie, en paix dans le  
respect mutuel et dans la  compréhension de la douleur de chacun.
Il était amoureux d’'une idée d’un pays démocratique où les Droits de  
l’Homme Universelle régneraient.

Hrant Dink était une chance pour les peuples de Turquie.

Nous ne savons pas qui a tiré sur Hrant, mais nous connaissons ses  
assassins.
Ceux qui tirent sur la paix c'’est ceux qui voient des ennemis  
partout, ceux qui n'’ont aucun respect pour l'’altérité, et c’'est  
ceux qui, dans leur bassesse, n’'auront jamais le courage  
d'’affronter leur histoire.
Ceux sont des êtres obscurs ayant peur des idées qui reflètent la  
lumière.
Ceux sont des êtres aveugles à la richesse multiethnique.
Ceux sont des nationalistes de droite, et aussi de gauche.
Ceux sont ceux qui se nourrissent de la haine.
Ceux qui essaient de créer un empire de l’obscurité en créant d’abord  
un climat de démence dans la société.

Le RACORT demande aux autorités turques de mobiliser tous les moyens  
nécessaires pour arrêter les auteurs de l’assassinat de Hrant Dink et  
de déclarer à l’'opinion publique l’'identité de ses assassins, qui  
œoeuvrent pour attirer la Turquie dans le chaos et dans une guerre  
civile entre les populations de différentes origines culturelles ou  
religieuses.

Le RACORT souhaite que les peuples Turcs et Arméniens de Turquie  
répondent à cet acte criminel par la voie du dialogue et de la  
solidarité pour faire obstacle à ceux qui veulent attiser les  
hostilités et empêcher la liberté d’'expression et la démocratie.

Paris, le 19 Janvier 2007

---------------------------------

Le journaliste turc et arménien assassiné vendredi militait pour le  
dialogue entre les deux communautés.
L'étau s'est refermé sur Hrant Dink
Par Ahmet INSEL
LIBERATION: lundi 22 janvier 2007 - http://www.liberation.fr/rebonds/ 
229989.FR.php
Ahmet Insel enseignant à l'université Galatasaray, éditeur du mensuel  
Birikim.

Homme de coeur généreux, farouche partisan de la démocratie et de la  
liberté d'expression, militant pour la reconnaissance du génocide  
arménien mais aussi pour la réconciliation entre les Turcs et les  
Arméniens, Hrant Dink a été assassiné parce qu'il était arménien. Un  
Arménien de Turquie, un Turc arménien, membre de cette communauté que  
les racistes turcs n'hésitent pas à désigner, sans vergogne, comme  
des «restes de l'épée». Il a aussi été tué parce qu'il était un homme  
juste et généreux. Probablement le plus humaniste et le plus  
démocrate d'entre nous, et un authentique patriote anatolien. Il a  
été assassiné pour faire taire tous ceux qui partagent son combat en  
Turquie.
Les forces de la haine qui agissent dans la presse, le monde  
judiciaire, les partis politiques, l'administration et même dans la  
société civile avaient refermé, chaque jour un peu plus, leur étau  
autour de lui. Il était stigmatisé comme un «traître arménien» parce  
qu'il défendait, avec courage et passion, l'avènement d'une Turquie  
démocratique, reconnaissant et s'appropriant avec fierté sa  
multiplicité culturelle. Une Turquie tournant définitivement le  
chapitre du nationalisme et de l'autoritarisme, affrontant avec  
courage toutes les pages de son histoire pour chasser les démons qui  
la hantent. Hrant se battait pour une Turquie où la religion,  
l'ethnie, la race ou la langue ne seraient plus un facteur de  
stigmatisation. Il savait que la perspective européenne était, dans  
l'état actuel des choses, la seule voie possible pour réussir cette  
transformation. Il a été tué aussi pour que la société turque dévie  
définitivement de cette trajectoire et continue à subir la funeste  
emprise des esprits nationalistes et xénophobes.
Qui l'a tué ? Même si l'on a arrêté un suspect de son assassinat,  
nous savons tous que dans ce pays règne un climat, gonflé par nombre  
de politiques, de publicistes, de membres de l'administration,  
d'intellectuels, de journalistes, d'enseignants, qui sanctifie la  
haine et glorifie la violence. Les vrais responsables de l'assassinat  
de Hrant sont ces agitateurs de la haine envers l'autre. Celui-ci  
peut être un démocrate ou un non-musulman, un humaniste, un  
socialiste, un partisan de l'adhésion à l'Union européenne. Hrant  
était tous ceux-ci à la fois. Il était, par excellence, l'autre à  
abattre.
Nous avions défendu ensemble le principe de la liberté d'expression  
contre le projet de loi pénalisant la négation du génocide arménien  
( Libération du 10 mai 2006). Il était en tête dans la bataille pour  
la tenue de la première conférence, en Turquie, pour débattre du  
problème arménien : génocide ? massacres innommables ? crimes contre  
l'humanité ? Lors de cette conférence, Hrant nous rappelait que,  
quels que soient les termes juridiques retenus pour désigner ces  
actes, les Arméniens savaient tous de quoi il s'agissait. Que le  
génocide était génétiquement imprimé dans la conscience arménienne.  
En même temps, il se battait, en Turquie, en Europe, aux Etats-Unis,  
aux quatre coins du monde où les Arméniens ayant survécu aux  
massacres de la déportation avaient été dispersés, pour les appeler à  
se libérer de leur «haine envers le Turc».
Pour cet appel, il avait utilisé une métaphore ( «le sang impur du  
Turc qui circule dans vos veines» ). Les agitateurs nationalistes,  
par une invraisemblable lecture symptomale, l'ont retournée contre  
lui. Avec la complaisance ou l'incrédulité d'une partie de l'appareil  
judiciaire, il a été condamné à six mois de prison pour «insulte et  
avilissement envers l'identité turque». Depuis, il recevait un  
torrent de lettres d'injures et de menaces. Les organisations  
d'extrême droite manifestaient devant le local de l'hebdomadaire  
arméno-turc qu'il avait fondé, avec leur slogan fétiche : «Tu aimes  
ou tu quittes [ce pays] ».
Hrant, le militant de tous les combats contre le racisme, était  
ébranlé d'être condamné dans son propre pays, par les plus hautes  
instances judiciaires, pour une accusation assimilable à du racisme.  
Il avait porté l'affaire devant la Cour européenne des droits de  
l'homme. Il disait haut et fort que, s'il perdait aussi devant la  
juridiction européenne, il quitterait son pays parce qu'y vivre  
serait honteux. «Côtoyer les gens que l'on injurie, que l'on méprise  
serait lâche ; en tout cas totalement opposé à ma conception de  
l'honneur», précisait-il. Mais il s'empressait d'ajouter que le jour  
où il serait obligé de partir il était sûr de mourir de chagrin.
Hrant, mon ami, mon camarade, mon frère, a été tué dans ce pays qu'il  
a tant aimé. Dans son dernier article paru dans Agos, il avouait  
qu'il était inquiet. Il décrivait son état comme celui d'un pigeon  
toujours inquiet mais tout autant libre au milieu de la fureur de la  
ville. Il affirmait avoir comme seule garantie «le fait de savoir que  
les gens dans ce pays ne touchent pas aux pigeons». Je ne sais pas  
pour les pigeons, mais dans ce pays on a tué et on tue, sur l'autel  
du nationalisme, de la raison d'Etat ou de la religion, des hommes et  
des femmes pour leurs idées, leurs paroles, leurs différences.
Les voisins de Hrant ont accroché un drapeau turc devant sa maison  
avec sa photo et déposé des milliers de fleurs. C'est ce drapeau que  
nous porterons désormais sur le front de notre lutte pour la  
démocratie et les libertés en Turquie, et non pas celui, souillé,  
brandi par les racistes.

------------------------------------------------------------------------ 
------------------

http://www.acort.org/racort/index.php
Présentation du RACORT

Le Rassemblement des Associations Citoyennes des Originaires de  
Turquie (RACORT) est une fédération rassemblant les associations des  
originaires de Turquie qui œuvrent pour la participation citoyenne  
des originaires de Turquie, des populations immigrées et issues de  
l’immigration en tant que citoyen à part entière dans la société  
française et en Europe.

Le RACORT inscrit son action dans la lutte des mouvements sociaux en  
France et en Europe œuvrant pour la solidarité, la démocratie, la  
paix, la justice sociale et l’égalité des droits quelques soit la  
nationalité, l’origine, le sexe ou la religion.

Le Rassemblement des Associations Citoyennes des Originaires de  
Turquie (RACORT) est une association laïque, démocratique dont les  
principes constitutionnels sont les suivants :

• Oeuvrer sans distinction aucune, notamment de sexe, d’ethnie, de  
langue et de religion
• S’opposer à toute politique raciste et discriminatoire

Le RACORT a pour but de :

• Coordonner et impulser les initiatives des associations membres et  
œuvre à leur développement national
• Représenter et œuvrer pour les intérêts des originaires de Turquie  
auprès des autorités Françaises Européennes et Turques
• Oeuvrer dans le sens de la défense des droits politiques,  
juridiques, sociaux et culturels des citoyens originaires de Turquie  
ainsi que des autres populations d’immigrées et issues de  
l’immigration vivant sur le territoire français et européen
• Agir pour la mise en place d’une citoyenneté participative basée  
sur la résidence :
• Développer et promouvoir la vie associative ;
• Agir pour une citoyenneté européenne, démocratique et  
multiculturelle ;
• Favoriser les liens et les échanges culturels entre les diverses  
communautés sur les principes du respect mutuel, de l’échange libre  
et de l’influence réciproque ;
• Lutter contre toute forme de racisme, de xénophobie, d’exclusion,  
de sexisme et de discrimination raciale ;
• Faciliter l’accès aux droits ;
• Promouvoir la participation citoyenne des immigrés originaires de  
Turquie dans la société française ;
• Promouvoir la participation et l’expression associative des femmes ;
• Promouvoir la participation et l’expression associative des jeunes

LES ASSOCIATIONS MEMBRES

L’ACORT
L’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie
39, Boulevard de Magenta 75010 Paris
Tel :01 42 01 12 60
Fax : 01 42 01 02 86

ASCTV
Association Sociosulturelle Turque de Valentigney
14 bis, rue Gustave Courbet 25700 Valentigney
Tel : 03 81 30 39 15

ASTTU
Association de Solidarité avec les Travailleurs de Turcs
13 A, rue Hohwald 67000 Strasbourg
Tel :03 88 32 98 32
Fax : 03 88 32 42 72

ATTM
Association des Travailleurs de Turquie de la Moselle
9 ,rue Dauphiné – 57070 Metz
Tel : 03 87 74 00 86

CACTUS
15, rue Franche Comté
39200 Saint Claude


-------------- next part --------------
An HTML attachment was scrubbed...
URL: http://lists.fse-esf.org/pipermail/cifs/attachments/20070122/70e3bc72/attachment-0001.html


More information about the CIFS mailing list