[CIFS] FSE : contribution des Attac d'Europe à Francfort

Christophe Ventura attacint at attac.org
Thu Nov 16 15:24:37 CET 2006


Bonjour,

Voici une traduction en français de la 
contribution que nous avons présenté à Francfort.

Amicalement

Christophe


Le réseau Attac Européen


Contribution à l'assemblée préparatoire du Forum Social Européen

Francfort 3-5 novembre 2006

Traduction :Jean-Pierre Renard et Nicolas Dequéant, C%rditrad.

Cette lettre a pour but d'exprimer des 
commentaires, ainsi que certaines inquiétudes et 
suggestions concernant le processus du FSE.

1) Les réussites du FSE d'Athènes

Nous voudrions d'abord souligner qu'à notre avis 
le processus du FSE est l'un des espaces les plus 
importants et indispensables pour les réseaux 
européens. Il contribue à l'édification d'un 
espace européen portant sur les « mouvements 
sociaux ». Cet espace permet à nos acteurs 
collectifs d'échanger des connaissances et de 
tisser des liens afin de construire des 
alternatives au programme néolibéral. C'est 
également un outil privilégié - ce n'est pas le 
seul - pour mettre en ¦uvre des mobilisations 
communes (le G8, le sommet européen de 2007Š). 
C'est un stimulant pour faire converger les 
divers points de vue. Il est clair que ce 
processus est enrichissant pour nous tous (au 
moins pour ceux d'entre nous qui peuvent y 
prendre une part directe). Il n'existe guère 
d'autre espace qui puisse rassembler tant 
d'acteurs politiques divers, et, si le processus 
du FSE n'existait pas, les discussions politiques 
continueraient à être circonscrites au cadre 
exclusivement national, ou encore aux réseaux 
très formels des partis politiques traditionnels, 
des syndicats, des grandes ONG et de leurs 
correspondants internationaux.

Le quatrième FSE s'est tenu à Athènes.. De notre 
point de vue, c'était un bon Forum, bien 
organisé, et qui a montré l'effet positif de la 
fin des grandes assemblées plénières 
« traditionnelles ». C'était un combat utile. Il 
faut en mener un autre : comment composer avec la 
présence des partis politiques ? À ce stade, la 
situation est encore caricaturale. Nous 
reviendrons sur ce point crucial. Au nombre des 
points positifs de ce Forum, nous voudrions 
souligner que les questions européennes, ainsi 
que les problèmes économiques et sociaux, 
semblent faire de plus en plus l'objet de débats 
dans les différentes activités.

En fin de compte, le plus grand succès du Forum a 
été l'élargissement du processus à la Russie, à 
l'Europe centrale et orientale, à la Turquie et 
aux pays des Balkans. Il faudra vérifier si 
l'avenir confirme cet aspect. Malheureusement, 
les pays Scandinaves et Nordiques n'étaient pas 
très représentés.


2) Les réseaux : une progression intéressanteŠà prendre en compte

Ce qui est très encourageant dans l'évolution du 
processus du SFE est la capacité croissante des 
différents réseaux à coopérer au niveau européen. 
Cela indique un changement dans le processus dont 
il faut tenir compte.

C'est pourquoi nous proposons un calendrier plus 
large pour les réseaux lors des futures 
AEP (Assemblées Européennes Préparatoires).

Il nous faut également débattre de 
l'établissement de nouvelles relations entre les 
réseaux et l'assemblée générale de l'AEP. Jusqu'à 
maintenant, l'assemblée générale a exercé un 
monopole sur l'élaboration du programme. Ce Forum 
a montré que quelque chose a changé. Notre 
prochain défi est de faire qu'il y ait un débat 
dynamique pour que notre préparation collective 
du Forum évolue de manière à ce que les réseaux - 
qu'ils soient issus de l'intérieur ou de 
l'extérieur du processus du FSE (l'éducation, la 
santé, l'OMC, la guerre, l'Amérique Latine, les 
services publics, le réseau No Vox, la justice 
fiscale, etc) - nourrissent la dynamique du 
processus à mesure qu'ils construisent leur 
propre dynamique. Comment faire pour faciliter la 
dynamique du réseau sans appauvrir notre espace 
commun ?

3) Les limites des débats au cours du FSE

Ces pas en avant ne doivent pas nous faire 
oublier certaines limites gênantes qui se sont 
manifestées au cours des FSE.

-	De nombreux débats, mal préparés, sont 
répétitifs, les intervenants étant parfois les 
mêmes. Le Forum pâtit de la répétition de ces 
positions politiques connues de tous. Les débats 
devraient permettre de dépasser l'exposé des 
positions déjà connues.
-	La parité est fréquemment défectueuse 
parmi les intervenants. C'est un point qui doit 
être pris très au sérieux.
-	La durée des débats publics a été souvent 
réduite, en raison du nombre des intervenants 
(parfois 7 ou 8). Ce pourrait être un « effet 
secondaire »du processus d'élargissement. De 
plus, certains séminaires se sont aussi 
transformés en « plénières ».
-	La discussion des différentes 
propositions devrait être mieux étayée, en 
particulier le débat public, après les 
interventions, devrait être soigneusement 
argumenté.
-	En outre, le forum n'a qu'un impact 
limité sur l' »opinion publique dominante » qui 
ne voit pas cet espace comme un processus 
d' »élaboration d'une politique alternative ». 
Cette fonction - la construction d'alternatives 
communes - constitue, comme nous le savons tous, 
la partie la plus théorique de notre processus. 
Certaines des remarques énoncées ici pourraient 
contribuer à enrichir le processus. Mais cette 
question a besoin d'être traitée en profondeur.

4) Préoccupations sur le processus actuel, et suggestions

Avant le FSE, et pendant son déroulement, nous 
avons aussi constaté dans sa préparation des 
évolutions vraiment alarmantes qu'il faut traiter 
si l'on veut améliorer le processus pour qu'il 
soit une plateforme pour nos luttes communes.

Comme on l'a déjà dit dans la dernière AEP à 
Francfort, nous n'avons pas été en mesure 
d'étendre la participation à l'AEP au-delà des 
individus et des organisations présents depuis le 
début. En particulier, la représentation des 
syndicats et des ONG sur l'environnement, le 
développement et les droits de l'homme est trop 
restreinte. L'analyse des causes fait apparaître 
les problèmes suivants :
-	La fonction et la portée des AEP sont 
interprétées de manière très différente par les 
participants : cela va de la vision d'une 
instance de décision, une « commission », à 
quelque chose qui n'est guère plus que la 
structure d'organisation du prochain FSE, et 
d'autres ne les voient que comme une bonne 
occasion d'améliorer leurs réseaux 
transnationaux. L'absence de définition du 
fonctionnement de l'AEP a laissé le champ libre à 
un petit cercle informel mais déterminé qui a 
pris des décisions et s'est vu légitimé 
« officiellement » à l'issue de l'AEP à maintenir 
formellement les principes démocratiques du 
processus du FSE.
-	Nous voyons le même petit groupe assurer 
la modération de l'AEP sans avoir une légitimité 
claire. Cette « tradition »est rejetée par un 
nombre croissant de participants et doit être 
remplacée par une pratique plus démocratique. On 
pourrait imaginer de désigner un groupe de 
coordination qui serait responsable de la mise en 
¦uvre d'un fonctionnement transparent de l'AEP. 
Ce groupe serait composé en respectant la 
diversité des participants : les pays, 
l'importance des acteurs, les objectifs des 
réseaux, etc. Les membres de ce groupe de 
coordination ne seraient évidemment pas là pour 
représenter leur propre démarche et leurs 
préoccupations, mais pour garantir à tous le 
meilleur fonctionnement.
-	L'absence d'un programme établi à 
l'avance est une particularité fastidieuse de 
l'AEP. Un tel programme impliquerait idéalement 
des discussions préalables à l'AEP, au niveau 
local ou national, dont les conclusions seraient 
reversées dans le processus du FSE. Un document 
politique (voir ci-dessous) a été discuté et 
adopté dans un groupe de travail de l'AEP à 
Bruxelles (15-16 janvier 2005). Ce document 
comporte plusieurs propositions concernant la 
préparation de l'AEP. Nous devrions nous engager 
à l'utiliser et à l'amender.
-	Un autre problème est la répugnance à 
utiliser les outils techniques sophistiqués qui 
facilitent le processus du FSE. Avant le FSE 
d'Athènes par exemple, l'équipe internet avait 
passé des heures et des heures à monter un site 
web très élaboré pour faciliter la coordination 
(ce site comportait un forum de discussions 
politiques et techniques). En plus de cela, nous 
avons une liste de diffusion. Ces outils n'ont 
malheureusement pas été utilisés comme aide pour 
les débats politiques. En conséquence, l'AEP doit 
supporter tout le poids de tous les débats 
politiques. Cela rend le FSE beaucoup plus 
compliqué qu'il serait s'il avait un véritable 
programme et bouclait au préalable certains  
débats liminaires. De plus, cette absence rend 
presque inévitable la formation d'un petit cercle 
informel, où les débats sur des sujets politiques 
sont facilités.
-	À Athènes, nous avons vu se confirmer la 
forte influence et la visibilité des partis 
politiques, en violation très claire de la Charte 
de Porto Alegre. En outre cette situation  
pourrait - y compris dans le court terme - 
réduire sévèrement la possibilité de la 
participation de nouveaux groupes et de nouveaux 
individus, et en fin de compte empêcher le 
nécessaire élargissement de la base d'un futur 
FSE. Il est urgent de débattre de la place des 
partis politiques dans le processus du Forum. 
Nous savons bien sûr que la relation entre les 
mouvements sociaux et les partis politiques 
diffère d'un pays à l'autre, d'une tradition à 
une autre. Nous savons aussi qu'un parti 
politique peut utiliser un mouvement social  
comme « vitrine ». Nous proposons néanmoins 
d'ouvrir une discussion calme et constructive sur 
ce point sensible, afin de trouver des solutions 
adaptées pour l'avenir, des solutions inspirées 
des principes de la Charte de Porto Alegre.

Au-delà du débat dont nous avons besoin sur le 
rythme du FSE et sur le 5ème FSE, nous proposons 
d'ouvrir un débat à partir de cette contribution.












Forum Social Européen
Groupe de travail de l'AEP sur le contenu du FSE 
2006 (Bruxelles - 15, 16 janvier 2005)
15 janvier session sur le fonctionnement de l'AEP
Relevé de décisions

I.	Rappel par le groupe de travail du statut et des fonctions de l'AEP

Sa fonction est d'assumer la responsabilité 
globale pour la préparation du FSE. Pour tirer 
parti de l'AEP, sont organisés des rencontres, 
des actions, des évènements et des campagnes liés 
au processus du FSE, et qui peuvent être 
thématiques ou globaux. L'AEP est informée des 
résultats de ces actions.

II.	La préparation des réunions de l'AEP.
  Proposition

Chaque AEP est organisée par un groupe de travail 
européen comprenant le pays hôte de l'AEP, le 
pays hôte du FSE (la Grèce), et le pays hôte de 
l'AEP précédente. Ce groupe est mandaté pour 
élaborer un projet de programme pour les réunions 
de l'AEP, pour le diffuser aux listes de courrier 
électronique du FSE, pour organiser la présidence 
et la modération des réunions de l'AEP, et pour 
assurer l'enregistrement et la diffusion des 
décisions (y compris la liste des organisations 
participantes).
Pour la prochaine AEP à Athènes, le groupe serait 
composé de la Grèce, de la France (les délégués 
de l'assemblée de Montreuil), et de la Belgique 
(les délégués des réunions belges).

III.	Calendrier de l'AEP

Pour l'instant, les groupes de travail de l'AEP 
et les groupes des actions liées au processus du 
FSE commencent à travailler le vendredi. L'AEP se 
tient le samedi et le dimanche matin jusqu'à 14 
heures. Nous proposons que, quand cela est 
nécessaire, les groupes de travail commencent 
plus tôt, et que l'assemblée plénière se termine 
à la fin de l'après-midi du dimanche.

IV.	Le fonds de solidarité

Un rappel de la fonction du fonds de solidarité : 
prioritairement, chaque fois que cela est 
possible, il permet aux délégués des groupes et 
des organisations du Sud et de l'Est, qui 
travaillent dans leurs pays respectifs sur la 
dynamique des Forums Sociaux, de prendre part aux 
AEP et au FSE. C'est un instrument qui appartient 
à l'AEP, qui en assure la responsabilité 
politique et la direction. Il est exclusivement 
alimenté par la contribution des organisations 
participant à l'AEP (50 ¤ par organisation) ou 
par des dons des organisations.



Présents :

Haris Golemi (Forum Social Grec)

Magda Kovsiautza ( Youth Synaspismos / Forum Social Grec)

Anastasia Thiodoravopoulou (Forum Social Grec)

Guillaume Rozoy-Senechal (No Vox/ France)

Jean Yves Cottin ( No Vox/ France )

Pierre Oyez (No Vox/ France)

Annie Pourre (No Vox/ France)

Peter Damo (Forum Social Roumain)

Endre Simo (Forum Social Hongrois)

Anne Mc Share (Parti Communiste de Grande-Bretagne)

Tina Becker (Parti Communiste de Grande-Bretagne)

Franco Russo (FSE Italie)

Piero Bernocchi (Confederazione Cobas / Italie)

Luigia Pasi (Sincobas / Italie)

Pol Buckenhent (ACV-CSC / Belgique)

Christophe Ventura (Attac France)

Pierre Khalfa (Attac France)

Sophie Zafari (FSU / France)

Jean Michel Joubier (CGT /France)

Lilian Halls French (Initiative féministe européenne)

Josette Rome Chastanet (Marche mondiale des femmes)

Gorka Elesabarrieia (Askapena)

Marianne Maeckelbergh (Babels UK)

Yannick Bovy (CADTM Belgique)

Grigoris Demestikos (Forum Social Grec)

Georgios Karatsioubanis (European Network of Democratic Youth Left)

Gérald Ryser (Scop/Village Eco sociale et solidaire / France)

Cathy Madge (Revolution / UK)

Dworczak Hermann (Forum Social Autrichien)

Hugo Braun (Attac Allemagne)

John Street (Babels UK)

Sarah Colborne (Palestine Solidarity Campaign / UK)

Panayotis Yulis (Forum Social Grec)










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